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Ricard, Prosper

Hanbels de Ouzguita


 

Sous le vocable de hanbels, on range des tissus très résistants, moins épais et moins lourds que les tapis à haute laine et à points noués, qui portent surtout un décor tissé ras et servent, selon les circonstances, de couvertures, de tentures et de tapis. Il en existe autant de sortes que de tapis ; on n'en signalera ici que trois types principaux : Salé, Zaïane, Ouzguita.
 

 

Hanbels de Ouzguita (Planche XIX)

Bien qu'il recoure surtout au blanc et au noir, le hanbel Ouzguita n'en offre pas moins une intéressante gamme de nuances : à côté de fortes oppositions claires et sombres, il présente des grisailles d'une grande douceur, celles-ci assurant la transition entre les extrêmes.

L'exemple donné ici (XIX) fait alterner des zones couvertes d'ornements avec des zones de rayures blanches et noires en insérant, entre les unes et les autres, des listels où le blanc et le noir entrent à égalité.

Une seule couleur, l'orangé, distribuée avec autant de discrétion que de goût, à la fois dans les zones les plus décorées et dans celles qui le sont moins, suffit à réchauffer l'ensemble qui sans elle ne laisserait pas d'être sévère.
Des losanges doublement pennés, des losanges et des triangles merlonnés, des croisillons simples ou merlonnés, des zigzags, des chaînettes, etc. composent le répertoire ornemental.
La technique? Très différente par endroits de celle des hanbels du Nord : d'une part la trame, au lieu de courir d'une lisière à l'autre du tissu dans les zones décorées, se limite à ces zones pour en assurer la coloration, c'est la technique des kilims de Caramanie; d'autre part certaines zones sont obtenues par le passage, d'une lisière à l'autre, de trames doubles, l'une blanche, l'autre noire, mais cordelées autour des fils de chaîne, un peu comme dans les nattes Zemmour (XX).