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Ricard, Prosper

Généralités sur les tapis marocains


Comme la plupart des autres tissus, tout tapis est composé de fils de chaîne — qui en constituent le squelette — régulièrement recroisés par des fils de trame. Toutefois, à d'étroites rangées de fils de trame succèdent des rangées de petits nœuds, ou moquettes, noués les uns à côté des autres, chacun sur deux fils de chaîne voisins, ménageant sur l'une des faces du tissu une sorte de velours : la haute laine
caractéristique du tapis.
Le degré de finesse d'un tapis dépend naturellement du degré de finesse de ses composants : moquettes et fils de chaîne et de trame. Conséquence, pour une même surface : plus un tapis est fin, plus la confection a exigé de temps et de dépense.
Il est bon de savoir aussi que les tapis marocains de fabrication courante corroient : environ 20 points au décimètre linéaire (le comptage se fait sur la face opposée à la haute laine), soit 40.000 points au mètre carré. D'où l'on peut déduire que des tapis qui ne comptent que 14 points au décimètre, soit 19.600 points au mètre carré, n'ont demandé par rapport au premier que la moitié de temps pour leur nouage, et que les tapis qui comptent 30 peints au décimètre, soit 90.000 points au mètre carre, ont exigé deux fois plus de temps pour le nouage d'une même superficie. Ceci dit pour éclairer le public sur l'un des moyens d'appréciation de la valeur des tapis, indépendamment d'autres éléments tels que la qualité de la matière première et de la teinture, ou encore l'intérêt du décor et du coloris.