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Prosper Ricard (1874-1952)Prosper Ricard, Tapis marocains (1952)[1]  

« Label artisanal »


"Pour le maintien de traditions aussi originales et affirmées, au triple point de vue de la technique, du décor ou du coloris, comme pour l'heureux épanouissement de tendances qui en tous temps et en tous lieux doivent être respectées, le gouvernement du Protectorat a pris dès le début les mesures de protection, d'encouragement et de propagande qui s'imposaient. A ce titre, un organisme spécial, le Service des Arts Indigènes devenu par la suite le service des Métiers et Arts Marocains, a exercé et continue d'exercer la plus heureuse influence." (p.12)

"Aussi, pour conférer à cette fabrication une marque officielle d'authenticité et sauvegarder le renom de l'industrie marocaine, le gouvernement du Protectorat a-t-il institué une estampille d'Etat délivrée sous certaines conditions bien déterminées." (p.56)

La connaissance apportée dans le domaine du tapis marocain et la typologie proposée par Prosper Ricard répondent à un impératif politique, économique et de fabrique d'authenticité. Il s'agit dans ce texte édité par Les offices du tourisme et de contrôle et d'exportation de fournir au touriste et à l'amateur un catalogue de tapis "administrativement référencés" pour en assurer le "label artisanal" et l'authenticité. Ceci dans une perspective de valorisation économique de l'artisanant marocain dirigé par l'institution du Protectorat Arts marocains sous la responsabilité de Prosper Ricard. L'action de ce dernier participe de la patrimonialisation paradoxale des arts traditionnels dits indigènes et de leur conservation et protection avec toute l'ambiugïté de ce dernier terme dans un contexte colonial. 

Germaine Laoust-Chantréaux s'en est servi comme documentation complémentaire à celle produite par elle ou collectée à l'occasion d'expositions ou dans les musées (Musées des Oudaya, par exemple). C'est dans ce contexte que cette publication trouve sa place dans le fonds de G. Laoust.

 

Notes

[1] Prosper Ricard (Directeur honoraire des Arts marocains), Tapis Marocains,  Ed. Office marocain du tourisme et Office chérifien de contrôle et d'exportation, 1952.

Prosper Ricard (1874-1952Source de la photo : Mémoire d'Afrique du Nord.

   
  

​Principales publications de Prosper Ricard


- Nattes berbères de l'Afrique du Nord, 1925.
- Tissage berbère des Aït Aissi, Grande Kabylie, 1925.

- Tapis berbères des Ait Ighezrane (Moyen Atlas marocain), 1926.
- Note au sujet de la fabrication des tapis dans le Proche-Orient, 1926.
- Dentelles algériennes et marocaines, 1928.
- Les Arts marocains et leur rénovation, 1930.
-
Procédés marocains de teinture des laines, 1938.
- Corpus des tapis marocains, 1950.
- Une lignée d'artisans : les Ben Chérif de Fès, 1950.

Ressources associées

- Abdelmajid Arrif, "Le paradoxe de la construction du fait patrimonial en situation coloniale. Le cas du Maroc", Revue du monde musulman et de la Méditerranée, N°73-74, 1994. Figures de l'orientalisme en architecture. pp. 153-166.
- Muriel Girard , « Invention de la tradition et authenticité sous le Protectorat au Maroc. L’action du Service des Arts indigènes et de son directeur Prosper Ricard », Socio-anthropologie, N°19, 2006.