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Laoust-Chantréaux, Germaine

Tente


 
Les différentes pièces qui composent la tente sont exécutées sur métier horizontal (aflidj, ad’riq, tafust, tirat et 'taghzi) ou vertical (tamadla, tarfaft, aseglef).
L'atlidj (pl. iflidjen) est une bande de 10 à 20 mètres, large d'une coudée et un empan (70 cm environ). Ces pièces, cousues l'une à côté de l'autre, en nombre variable - trois à quinze et davantage - forment le vélum rectangulaire de la tente. Elles sont faites en laine et poil de chèvre, et teintes en noir après tissage. Dans le Moyen-Atlas, il n'existe pas d'aflidj décoré comme chez les nomades des Hauts-Plateaux algériens.
Le vélum est limité, surses quatre côtés, par de longues bandes de tissu uni, noires sur les tentes ordinaires, roses (chez les Aït-Arfa du Guigo) sur les tentes de fête. Elles n'ont que 15 centimètres de largeur ; leur longueur varie suivant celle du vélum qu'elles dépassent, de chaque côté, de 10 centimètres environ. Les deux bandes parallèles aux iflidjen sont appelées : taghziwin (sing. taghzi, longueur) ; les deux autres, bordant les bas-côtés, se nomment tirau (sing. tirut, largeur).
Lorsque la tente est dressée les iflidjen médians reposent sur l’ah’emmar (planche faîtière). Le reste est soutenu par l'ad'riq (pl. id'riqen), longue bande tissée, placée sur l’ah’emmar et dans le même sens que celui-ci, soit perpendiculairement aux iflidjen. L’ad’riq, large de 40 centimètres environ et de longueur variable (en rapport avec la largeur de la tente), dépasse le vélum de ·1 m. 50 environ de chaque côté. Il est fait de laine et de poil de chèvre et porte souvent une décoration de disposition typique : la partie médiane de la bande présente un rectangle uni ayant exactement les dimensions de l’ah’emmar qui s'y appuie. Le reste de la pièce est entièrement orné de dessins parallèles de teintes vives sur fond noir.
Pour permettre la fixation de la tente, de petites bandes appelées tafust, pl. tifusin (les petites mains), -portant un dispositif spécial de bois, sont cousues au bord du vélum sur les deux plus grands côtés, à 1m. 50 de distance environ. Elles sont un peu moins larges que l'ad’riq et très rarement décorées.
 
Bras de la tente (Tafust)
La fermeture de la tente est assurée par deux rideaux mobiles fixés à l'aide de grosses épingles de fer. Ce sont l'aseglef (pl. iseglaf) dans le sens de la longueur, et la tarfaft (pl. tirufaf) sur les bas-côtés. On les baisse pendant la nuit ; le jour, on les rabat sur le vélum. L'aseglef est toujours très sobrement décoré ; ses dessins, de laine blanche, semblent avoir une valeur prophylactique. La tarfaft est plus ornée ; elle est, en général, entièrement décorée de bandes parallèles ou de larges chevrons. Les couleurs, comme celles de l'ad’riq, sont assez vives. L'endroit de ces pièces est toujours à l'intérieur de la tente.
 
 

Bas de Tente