Connexion

Laoust-Chantréaux, Germaine

Manteau


aselham[1] (à Boulemane, Aït Youssi) ; ḫaddun ; ḥaidus
 aḥnif; azennar(?)[2] (Aït Youssi); tarast 

 

 

 

 

La fabrication et le port des burnous décorés ne sont plus actuellement la spécialité que des Aït Waouzguite du Siroua.

Les lieux de production se répartissent ainsi :

  • Aït Tamassine : 20 métiers.
  • Aït Ouagherda : 10 métiers.
  • Aït Khezama : 10 métiers.

Ce manteau original généralement noir à lentille rouge ou orangée était autrefois porté par les Glaoua de Telouet et les Aït Tidili voisins.

Il reste actuellement la marque distinctive des Juifs quoiqu’il soit apprécié dans tout l’Anti-Atlas.

Les photos ci-contre donnent la disposition de la décoration.

Autrefois il était plus répandu chez les Glaoua au Dadès et dans l’Anti-Atlas (Cf. Jean Besancenot).

  • Capuchon : aqelmun.
  • Gland : tauškint.
  • Franges : iširabelain.

Dans le Moyen-Atlas

  • Ḥaddun = aselham : en laine blanche.
  • Ḥaidus = azennar : en poils de chèvre (ou de chameau).

Dans le Maroc septentrional

Le ḥaidus est un burnous brun, porté simplement sur les épaules, fait d’un tissage plus rustique que le selham, en laine et poils de chèvre.[3]

Le burnous traditionnel :

« Le selham (…) est un simple manteau très ample et sans manches, muni d’un capuchon orné d’un volumineux pompon de soie, helluṭa. Le vêtement, ouvert devant est fermé sur la poitrine par le sder, couture d’environ quinze centimètres, renforcée par de solides points à l’aiguille ; les bords sont garnis de tresse de soie ton sur ton [4]»

Sur le ḫenif (son extension autrefois) :

« Ici (chez les Glaoua) apparait pour la première fois un vêtement original, d’un usage universel chez les Glaoua dans le Dra, dans le bassin du Sous, dans la chaine du Petit Atlas ; c’est le khenif qu’on se figure une sorte de burnous court, de laine teinte en noir, avec une large tache orange, de forme ovale, occupant tous le bas du dos ; cette sorte de lune si étrangement placée est tissée dans le burnous même et les bords en sont ornés de broderies de couleurs variées ; le bas du bernous est garni d’une longue frange, le capuchon d’un gros gland de laine noire. La plupart des hommes, enfants et vieillards, Musulmans et Juifs portent ce vêtement [5]»

Le khenif était alors porté jusque chez les Mezguita dans le coude du Drâa[6] (à Tazenakht).

« Une industrie, la fabrication des khenifs fleurit dans la bourgade. Celle-ci est la patrie du khenif, dont le tissage et le brodage occupent presque toute la population [7]».

Actuellement à Tazenakht même le burnous n’est plus tissé et porté par quelques rares juifs.

Le khenif se porte avec un autre burnous « gris à fines raies foncées ; je n’en trouverai de semblables qu’au Mezguîta [8]», (disparu actuellement).

Au Mezguita dans le district Aït Saddrât et Aït Yahia, De Foucauld note un burnous de poils de chèvre brun ou gris « ces derniers rayés de fines bandes blanches et noires. [9]»

Dans le Dadès il note un « long burnous de laine teinte, noir ou bleu foncé [10]»

Manteau

 

 

[1] Terme en arabe.
[2] Terme en berbère.
[3] Besancenot Jean, Costumes du Maroc, Planche 17, « Homme de Meknassa», Édisud, 2000.
Le kheidous est noté par De Foucauld, burnous brun à Agadir Tisint, page 129 dans Reconnaissance au Maroc, Paris, Challamel, 1888.
[4] Besancenot Jean, Costumes du Maroc, Planche 1, « Citadin marocain portant la Jellaba», Édisud, 2000, p. 4.
[5] Foucauld, Charles de, Reconnaissance au Maroc, Paris, Challamel, 1888, p. 81.
[6] Foucauld, Charles de, Reconnaissance au Maroc, Paris, Challamel, 1888, p. 216.
[7] Foucauld, Charles de, Reconnaissance au Maroc, Paris, Challamel, 1888, p. 110.
[8] Foucauld, Charles de, Reconnaissance au Maroc, Paris, Challamel, 1888, p. 110.
[9] Foucauld, Charles de, Reconnaissance au Maroc, Paris, Challamel, 1888, p. 216.
[10] Foucauld, Charles de, Reconnaissance au Maroc, Paris, Challamel, 1888, p.