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Laoust-Chantréaux, Germaine

Châle couvrant le dos


taḥendirt ; ḥendira ; tamendilt ; tamizart ; (tabizart) ; ṭebban ; taʿdilt ; taheddint ; tabennuṭ ; tahruita ; taberduʿt ; taġnest (?)

 

 

Le châle couvrant le dos est le vêtement qui au Maroc offre la plus grande diversité de décoration. Celle-ci peut être considérée comme une marque tribale. Il faut donc l’étudier région par région.

Les plus caractéristiques sont  :

Moyen-Atlas Oriental : Beni Waraïn

Châle classique à dessins rebrodés  (taberduʿt) répandu chez les Imghilène Beni Abdel Hamid Zrarda Beno Bou Zert – parfois à dessins plats (de même dispositions et mêmes teintes Imghilène).

Remplacés pour le travail et l’hiver par la tabennuṭ moins richement décorées (mêmes teintes) ou les bandes de dessins plats ou rebrodés sont séparés de 3 ou 4 cm sur fond blanc (Zrarda).

- La ḥendira des Aït Jellidassen est plus simple à lignes briques et bleues rapprochées sur fond blanc (Beni Bou Nsor, Beni Smint sous-fraction des Beni Bahr).

Elle est rarement aussi décorée que celle représentée par Jean Besancenot (Planche 23, Femmes des Aït Jellidasen)[1].

 

 

Châle de femmes

 

Dans le Moyen-Atlas septentrional et central (Haut-Atlas)

  • Tamizart Zemmour (de grandes dimensions).

  • Tamizart Beni Mguild (étude particulière).

  • Le châle tamizart Zaïan s’en rapproche (châle à petits dessins Beni Mguild purs mais plus étroits).

  • Aït Yahia de Tounfit et Haute Moulouya : raies fines (1cm) bleu ou brique.

  • La ḥendira des Aït Wanergui.

  • La ḥendira des Aït Morghad de l’Imedfas.

  • La ḥendira des Aït Haddidou en été finement rayée de noir blanc et bleu (l’hiver on porte la taskunt).

  • La tamizart des Aït Izdeg de Midelt simplement ornée de rayures noires à filets orangés sur fond de coton blanc bouclé.[2]

  • Le châle du Tadla-Boujad rayé orangé et blanc. 

 

 

 

 

 

 

 

Dans le Sud

Le ṭebban de Ouarzazate est blanc rayé de beige et marron (teintes naturelles).

A Ksar es Souk tamizart de coton blanc à raies bleues larges de 2 à 3 cm et très espacées.

La tamizart des Aït Atta du Rteb (Vallée du Ziz) sur fond de coton bouclé, très particulière larges rayures blanc noir et rouge avec longues floches de laine (Jean Besancenot, planche 29, Femmes des Aït Atta du Rteb).[3]

Façon dont se porte le châle :

- jeté sur les épaules,

- attaché devant à l’aide de 2 cordelières (taseqqent, pl. tiseqnin – Beni Mguild),

- passant devant sous les bras et retenue aux épaules par 2 bretelles (Aït Bahr – Aït Jellidasen).[4]

La femme Aït Mguild

« Elle porte l’izar, longue pièce d’étoffe dans laquelle se drape toute femme berbère. La matière et la dimension de cette étoffe peuvent changer, ainsi que la façon dont elle se drape sur le corps, mais dans tout le pays berbère, on rencontre cette forme de vêtement qui tient à la fois du kiton grec et du peplum et marque la survivance des traditions millénaires des anciennes races méditerranéennes.

L’izar de cotonnade, qui mesure environ 4m50 sur 1m40, enveloppe le corps serré à la taille par la ceinture, taggust, et retenu devant les épaules par deux fibules d’argent, les tiseġnas (…). Le manteau ḥendira en arabe, tamizart en berbère tamazirt, est une simple petite couverture de laine que tissent elles-mêmes les femmes ; c’est une pièce capitale du vêtement berbère. On la porte de diverses façons, jetée sur les épaules, attachée sous le cou au moyen de deux cordelières, retournée sur la tête, etc.

Ce qui est particulièrement intéressant, en pays berbère, c’est le décor de cette tamizart de laine dont les dessins changent d’une tribu à l’autre. Ce décor est donc une marque de clan, tout comme le plaid des Ecossais.

La Tamizart des Aït Mguild est rayée de sept lignes transversales de petits dessins géométriques. Ceux-ci sont tournés vers l’intérieur, l’extérieur étant orné de franges et de sequins brillants »[5]

 

 
 

La Tamizart Beni Mguild

« Cette pièce d’étoffe rectangulaire, tissée sur chaine fine (ustu) a 3 coudées de large sur 5 coudées de long (la coudée vaut environ ½ mètre).

Ces dimensions varient quelque peu suivant la taille de la personne à qui le vêtement est destiné. La tamizart, autrefois en laine, est faite de plus en plus en coton bouclé ou à raies alternées de laine et de coton blancs. Elle couvre le dos et est retenue sur la poitrine par deux attaches (taseqqent, pl. tiseqqin). Elle est ornée de cinq ou sept bandes décorées, celle du milieu étant parfois plus large que les autres ; tissées horizontalement, elles se trouvent être verticales lorsque le châle est revêtu.

Les dessins (talqett, pl tileqd’in), exécutés au coton plat (lehrir) se détachent en blanc sur le fond bleu marine ou brun de la bande large de 6 centimètres environ. Ils sont parfois rechaussés de quelques points très discrets de laine rose, jaune, verte ou rouge. Tous les brins de coton ou de laine dépassent à l’envers de 4 à 5 centimètres. Les dessins, de plus, sont bordés d’une ligne de points noués chevauchant de coton blancs, longs, de ce même côté, de 6 à 7 centimètres.

Les femmes les considèrent comme l’élément décoratif du châle, qu’elles mettent alors à l’envers. Sur cette face le châle est parfois même orné de paillettes. Les franges (ighrissen ou ibirran) sont toujours soigneusement nouées.

 Ces bandes, qui font l’originalité des châles Beni Mguild, vont en s’amincissant à l’ouest et dans la Haute Moulouya ou elles sont réduites à de fines raies unies, bleues ou brique, de 1 centimètre de largeur tout au plus »[6].

 


[1] Besancenot Jean, Costumes du Maroc, Édisud, 2000, 208 p.

[2] Besancenot Jean, Costumes du Maroc, Planche 26, « Femmes des Aït Izdig », Édisud, 2000, 208 p.

[3] Besancenot Jean, Costumes du Maroc, Édisud, 2000, 208 p.

[4] Besancenot Jean, Costumes du Maroc, Planche. 23 « Femme des Aït Jellidasen », Édisud, 2000, 208 p.

[5] Besancenot Jean, Costumes du Maroc, Planche. 19 « Femme des Aït Mguild », Édisud, 2000, 208 p.

[6] Chantréaux Germaine, Les tissages décorés chez les Beni Mguild, Hespéris 1945, p. 23-24.